Un PC monté soi-même plus exposé que les machines prêtes à l’emploi face à la hausse de la RAM
La mémoire vive et les SSD renchérissent, et les grands constructeurs préviennent déjà leurs clients : voici ce que cela change pour un achat ou un montage.
En bref
- IDC anticipe des PC jusqu’à 20 % plus chers à cause de la mémoire vive et des SSD.
- Les centres de données dédiés à l’IA absorbent une grande part de la production de composants.
- Les PC montés soi-même seraient les plus exposés, les machines prêtes à l’emploi un peu moins.
- IDC ne prévoit pas de retour aux prix de l’an dernier.
Oui, votre prochain PC risque de coûter plus cher. Selon l’institut IDC, dont Journal du Geek se fait l’écho, les clients de Lenovo, Dell, HP, Acer et Asus ont déjà reçu un avertissement : le contexte se durcit. Ces hausses restent des prévisions, et aucun prix final constaté n’est avancé.
Des hausses annoncées de 15 à 20 %
Le phénomène ne touche pas que les poids lourds. Framework, Minisforum et Raspberry Pi ont eux aussi annoncé à leur clientèle que leurs prix allaient évoluer. La donnée concernant Asus vient d’un document interne relayé par TrendForce, pas d’une communication officielle de la marque.
Pourquoi la mémoire et les SSD flambent
Deux composants sont responsables : la RAM et les SSD. Depuis quelques mois, SanDisk, Samsung et Micron relèvent leurs tarifs. L’explication principale se trouve dans les data centers. Les géants de l’IA s’arrachent d’énormes volumes de mémoire et de stockage pour équiper leurs serveurs, des produits qui rapportent davantage aux fabricants de composants. La majeure partie des volumes fabriqués file donc vers ces serveurs, au détriment des ordinateurs grand public.
Le moment tombe mal pour les PC taillés pour l’IA, qui ont justement besoin de plus de mémoire afin de faire tourner certaines tâches localement, sur la machine elle-même. Les Copilot+ PC imposent un minimum de 16 Go de RAM, et les modèles les plus ambitieux visent déjà 32 Go, voire plus. IDC décrit ainsi le dilemme : le secteur souhaite embarquer davantage de mémoire alors que celle-ci coûte plus cher et se procure plus difficilement. Selon l’institut, les fabricants disposent donc de trois leviers : relever les tarifs, accepter des marges réduites ou commercialiser des configurations moins généreuses.

Qui encaisse le mieux, et qui souffre
Nul n’échappera au phénomène, mais ses effets diffèrent. Les grands fabricants ont plus de poids face aux fournisseurs lors des négociations. Les marques modestes, les assembleurs locaux et les adeptes du PC monté soi-même ont une marge de manœuvre plus étroite. Pour les joueurs qui sélectionnent chaque composant, l’addition pourrait donc s’alourdir davantage.
IDC perçoit même une occasion à saisir pour les grands noms : si l’achat séparé de la RAM, d’un SSD et des autres pièces devient trop onéreux, une machine complète proposée par un fabricant peut soudain sembler plus raisonnable. Cette analyse appartient à l’institut, qui ne chiffre pas la différence entre les deux approches.
Un marché qui ralentit déjà
Quelques offres commerciales pourraient surgir çà et là afin de vider les stocks. En revanche, IDC n’envisage pas un retour aux tarifs de l’année passée. Aucune durée précise n’est donnée pour cette phase de tension, et l’article d’origine n’établit pas de lien direct entre le recul des livraisons et la montée des prix.
Photo : Andrey Matveev / Pexels
