Plus de 1 900 fausses applis imitent Netflix, Roblox ou Siri sur le Play Store
McAfee a recensé 450 clones en France dans la campagne Android/RewaFake, où les leurres touchent surtout le streaming, le sport et l’intelligence artificielle.
En bref
- Des applis factices copient des services connus sur le Google Play Store et redirigent vers des pages publicitaires.
- Un essai présenté comme gratuit pouvait être facturé jusqu’à 49,99 dollars par mois lors des tests de McAfee.
- Un faux Chrome, d’abord publié comme jeu, a dépassé 100 000 téléchargements avant son retrait.
- Vérifier le nom du développeur reste le premier réflexe avant d’installer.
Des marques célèbres ont été imitées par plus de 1 900 applications factices, mises en ligne pour la plupart sur le Google Play Store, d’après Clubic. Derrière l’icône, rien n’est proposé : les utilisateurs sont aiguillés vers des publicités et des abonnements frauduleux.
Une campagne mondiale, la France au 19e rang
Le 15 octobre 2026, McAfee a indiqué avoir comptabilisé, en France, 450 clones et au-delà de 4 200 détections, au sein d’une campagne nommée Android/RewaFake. Dans le monde, ce sont les faux outils de retouche photo qui prédominent. En France, les applis exploitent davantage les thèmes du streaming, du sport et de l’intelligence artificielle.
Ces appareils se répartissent dans plus de 190 pays, avec en première ligne l’Inde, mais aussi la Russie et les États-Unis. La France occupe le 19e rang avec 3 882 appareils concernés, tandis que le Royaume-Uni en compte 10 582. Le décompte se limite à ce que détectent les produits McAfee. Parmi les thèmes, la télévision, le sport et le streaming rivalisent en tête avec les faux outils d’IA, qui précèdent les contenus pour adultes, situés autour de 10 %.
Les leurres les plus parlants
- Des identités de services connus : Netflix, PayPal, CapCut, Xbox Game Pass.
- Des noms qui n’existent que sur les appareils Apple : Siri, iMessage, FaceTime, Apple Pay ou la boutique App Store. Une fausse « AppStore », présentée comme version Android, a franchi le millier de téléchargements sur Google Play.
- Trente-sept clones de jeux et de services prisés des joueurs (Roblox, Minecraft, Fall Guys, Brawl Stars, GTA VI) ont cumulé plus de 86 000 téléchargements mesurés.
- Un faux Roblox à plus de 50 000 téléchargements, classé « tout public », qui menait à des quiz façon casino promettant jackpot et pièces.
Le mécanisme : une coquille vide et un aiguillage
Mises en ligne sous de multiples comptes de développeurs, ces applis utilisent un code identique et reçoivent leurs instructions d’un serveur unique. Voici le parcours de la victime.
- Au lancement, l’appli interroge un serveur des fraudeurs.
- Celui-ci indique une adresse à ouvrir dans une fenêtre intégrée, sans barre d’adresse.
- La page affiche des pubs plein écran.
- Un formulaire de carte bancaire promet un essai « gratuit », mais lors des tests menés par McAfee, l’abonnement pouvait coûter jusqu’à 49,99 dollars par mois.
Aucune permission sensible n’est demandée, aucune faille n’est exploitée et rien n’est caché dans le code : McAfee classe ces applis comme « adwares » à risque moyen. L’adresse étant transmise à chaque ouverture, les fraudeurs pouvaient la modifier sans publier de mise à jour ni repasser devant les contrôleurs de Google. Un faux PayPal a été téléchargé plus de 10 000 fois. Google affirme avoir retiré l’ensemble des applis signalées par McAfee, dont l’estimation est de 20 à 25 nouvelles publications quotidiennes par les opérateurs.
Le cas distinct du faux Chrome
Selon 01net, un faux Chrome du développeur « Hizbartech » a été téléchargé plus de 100 000 fois avant son retrait. C’était une appli de discussion à réponses préenregistrées. Publiée le 22 août sous le nom « Ball Bounce » comme simple jeu, elle a été rebaptisée et dotée d’une nouvelle icône dès la fin septembre. Sponsorisée, elle apparaissait en tête des résultats pour « Chrome ». Un utilisateur de Reddit l’a dénoncée avant le retrait.
Les réflexes avant d’installer
Clubic recommande quatre précautions :
- vérifier le nom du développeur, sans se fier à la seule icône ;
- éviter les « guides » et « tutos » ;
- ignorer le compteur de téléchargements ;
- installer les applis bancaires depuis le site officiel de la banque.
Photo : Anete Lusina / Pexels
